Week-end du 23 au 26 juin (un long week-end…)
Ce week-end, je pars pour la Macédoine (si si la salade…en parlant de salade, ils ont, en Macédoine, sur quasi toutes les cartes de resto une salade qui s’appelle la Sexy Salad…toujours pas compris ce que c’était).
Pour y aller, je passe par le Kosovo. En Serbie, est utilisé l’euphémisme: la (les) provinces du Sud ou le Sud de la Serbie, pour parler du Kosovo. Ah oui, c’est un sujet sensible.
6h de routes m’attendent. Alors je ne pourrais que difficilement vous commenter les paysages puisque je dormais. Mais bon, avec quelques battements de paupières que je peux vous dire que je peux skipper ce passage. Arrivée à la frontière avec le Kosovo, les choses changent. Le drapeau de la MINUK (mission des nations unies au Kosovo) flotte. Je dois descendre du bus (vous pensez, notre passeport suisse est absolument immanquable!!) pour recevoir un visa: un bout de papier avec ma date d’arrivée. Les voitures sortant du Kosovo pour la Serbie changent de plaques; trop dangereux de se balader avec des plaques kosovars. A peine la frontière passée, les minarets des mosquées commencent à apparaître. Il y a plein de maison en brique rouge qui sont construites un peu partout, n’importe comment, sans aucun plan d’urbanisation. Il y a en partout. C’est étrange de voir ces champs avec ces maisons rouges qui poussent un peu partout. Des motels et des stations apparaissent par-ci par-là. Il paraît que les motels sont souvent des bordels et les stations services un moyen de blanchir de l’argent.
J’arrive sur Pristina. C’est un étrange sentiment que d’arriver dans une ville qui n’est connue que par l’intermédiaire des médias et, hélas, pour toute la souffrance d’une région. Pristina résonnait pour moi avec l’écho des multiples papiers lu au HEI. Et de la bibliothèque de l’institut ou de mon écran de télévision, apparaît Pristina véritablement. Je ne resterais hélas pas longtemps mais j’y reviendrai.
Ici je suis accueilli par Kay-Nina, une amie d’un ami, rencontrée à Belgrade mais qui travaille à Pristina. Je me suis invité à Pristina, elle m’invite à faire une excursion en Macédoine avec ses amis. Je ne peux qu’accepter avec le plus grand des plaisirs. En définitif, les plans ne sont pas faits pour être changé??
Après une rapide douche, nous sortons nous restaurer. De prime abord, les gens ont l’air très sympathique et moins cassant qu’à Belgrade. Le repas sera gargantuesque est heureusement, Séverine et Michael viendront nous aider. C’est avec eux que nous partirons demain. Séverine et Suissesse et Michael Canadien.
Nous finirons la soirée dans un bar à regarder la Suisse battre la Corée
Petite anecdote, le Kosovo utilise un réseau monégasque pour ses natels. Ils préfèrent payer plus cher que de devoir donner de l’argent a des compagnies serbes.
Le lendemain, réveil plutôt matinal. Il y a de la route à faire. Heureusement, Kay-Nina a une voiture ce qui nous permettra de gagner du temps et d’être plus libre au niveau des horaires. Notre première BA sera de sauver un petit chien qui se baladait dangereusement le long de la route (et ces petits chiens seront ma perte…ou plutôt celle de mes biens…vous verrez). Nous grimpons dans les montagnes pour traverser la frontière macédonienne. Petite halte dans un village pour manger un morceau et discuter un moment avec un policier qui se plaint de la corruption du pays. Il a vécu en Allemagne. Il est revenu ici et veut bien faire son travail mais tout un système l’en empêche. Que faire lorsqu’il y a des gens pleins de bonne volonté mais qui sont empêché par une hiérarchie pourrie? Les gens parlent un peu l’allemand dans la région, c’est assez drôle.
Nous repartons en direction d’un monastère. En chemin nous prenons un monsieur qui fait du stop et qui nous dirigera vers le monastère. Le site est un superbe endroit. L’église brille de ce métal travaillé et la paroi centrale est un fantastique travaille sur bois, une véritable dentelle en trois dimensions. Nous buvons un peu d’eau sainte se déversant dans une fontaine (nous espérons que nous avons le droit de faire ça). Apres cela tout nos maux doivent être guéri j’imagine…Les bâtiments du monastère sont habites par des moins et leur est un habile travaille de bois et de façade blanche.
Nous continuons notre route en passant par des vallées. De vieux villages se succèdent. Sur les parois d’autres villages s’accrochent, se signalent et saluent mutuellement par leurs minarets.
A Debar, nous nous arrêtons pour manger. Ce village est un joyeux chaos. Rien n’est signalé et nous nous retrouvons à la frontière albanaise. Pas vraiment notre direction, mais pour un prochain voyage. Nous retrouvons finalement la route pour le lac d’Ohrid. Sur le chemin nous nous baignerons dans un superbe et grand lac artificiel. L’eau est délicieusement bonne. Elle le sera tout autant à Ohrid. Ce village donne sur cet immense lac. Le soir nous prendrons l’apéro au bord de l’eau, puis nous ferons une petite balade dans la vieille ville jusqu’à la vieille église dignement illuminée. Cette dernière marche sera récompensée par un délicieux poisson. Le lac d’Ohrid a quelque chose du lac Léman. Non non, ce n’est pas la nostalgie qui me fait dire ça! Mais peut-être la taille du lac et les montagnes qui l’entoure…
Le lendemain, départ pour Heraklea. Un vieux site romain où passait la Via Egnatia, la route romaine qui traversait les Balkans jusqu’à Istanbul. Le site est très beau (même si le prix pour prendre des photos dans le site est scandaleux). Nous avons un droit à un petit cours de la part de Séverine (merci Séverine! c’était super intéressant) qui a étudié l’archéo et plus particulièrement cette route. Nous poursuivons jusqu’à Prilep. Le paysage change est nous sentons que nous arrivons sous de nouvelles latitudes. Après le sud des plaines de Vojvodine, les hautes collines de Kopaonik, les montagnes du nord de la Macédoine, nous arrivons vers les terres couleurs ocres, brunes et jaunes du Sud. C’est une autre atmosphère. Un peu comme si la mer n’était pas si loin. L’idée me tente de prendre mes affaires et de continuer vers le sud. J’ai ce qu’il faut: quelques habits de rechange, mon passeport et un peu d’argent. A Prilep, nous cherchons un vieux monastère, celui de Treskavec, perché dans la montagne. L’idée est d’y grimper à pieds pendant deux heures environ. Michael se demande le pourquoi de ce besoin qu’ont les Suisses de vouloir toujours grimper des montagnes. Bonne question…aucune idée?!:)Alors que nous tournons en vain pour trouver la route, il essaiera de nous tenter avec une partie de foot mais sans succès (sorry buddy!). En fait, c’est à Prilep que se passera une mésaventure fort désagréable. Un petit chiot, les yeux à peine ouverts, à failli se faire écraser. Il etait au plein milieu de la route, si petit qu’il passait sous les voitures. En amorçant la descente de voiture pour le sortir de la route mon tout nouvel appareil numérique tombera sans que je m’en aperçoive. Alors que celui-ce est normalement toujours en sécurité, je l’avais mis, 30 secondes avant l’incident, à côté de moi pour donner quelque chose à Séverine. Puis le chiot est apparu. Ce n’est qu’arrivé au restaurant que je réaliserais de la disparition de l’appareil et bien sûr il sera trop tard. Arghhh, j’adorais cet appareil!! Finalement nous repartons. Cela ne sert a rien de continuer a chercher en vain. Pourquoi s’apitoyer sur le passé, ce qui est fait est fait. Nous trouvons finalement la route qui nous mène au début de la piste qui mène au monastère. Ceci non sans avoir fait quatorze fois l’allé et retour dans Prilep…nous connaissons le centre absolument parfaitement La montée fut magnifique et la vue éblouissante. A nouveau la terre est très belle et depuis là-haut, nous pouvons admirer les champs qui transforment le paysage en mosaïque. Ce sont ces instants de plénitudes qui sont si fantastiques, si inoubliables. J’ai adoré. Un exercice de style aussi que de transformer une mésaventure qui s’est déroulé il y a peu (pauvre petite camera…et pauvre porte-monnaie, il faut que je m’en procure une nouvelle), en un simple souvenir et de pouvoir ensuite passer à quelque chose d’autre de bien plus beau, de bien plus positif. Le fait d’être sur cette montagne ;).
Nous repartons hélas un peu à la bourre, mais en ayant le temps de sauver deux tortues (d’un autre côté, il n’y avait pas un chat, à sauver, sur la route…nous évitons aussi d’écraser une vache. Ce qui me fait dire que nous l’avons sauvée…tout comme toute la population macédonienne, puisque nous n’avons écrasé personne…et voilà comment cela part en vrille…). Je dois attraper mon bus de nuit pour Belgrade depuis Skopje et le temps s’enfuit. Un dernier coucher de soleil, il s’agissait sans doute de la forge d’Héphaïstos tellement ce coin de ciel était rouge. Peut-être un appel lointain de ces dieux grecs, dont les contes ont suivis et marque mon enfance, pour me dire de ne pas oublier de venir un jour en Grèce; leur rendre visite, les remercier des histoires et aventures qu’ils ont vécu et qui m’ont fascine. Promis, j’y viendrai. (Kay-Nina, Severine et deux autres amies vont gravir le Mont Olympe…voila une bonne raison pour aller en Grèce…le Mont Olympe…quel nom mythique, la montagne des dieux. Il faut que j’y fasse un tour décidemment).
Arrivée sur Skopje un peu hectique, il ne me reste que peu de temps. Je prends un taxi car nous ne connaissons pas la route pour la station des bus. Les autres me suivent derrière. Heureusement, le chauffeur sait un peu l’allemand. Arrivé à la station de bus, j’ai hélas à peine le temps de saluer mes nouveaux copains que je dois courir prendre mon billet. Kay-Nina, Séverine, Michael, je vous remercie mille fois pour ce magnifique week-end, il restera à jamais gravé dans ma mémoire comme un superbe souvenir. Je n’ai pas été très causant (cela en surprendra plus d’un, je le sais
), les deux trois dernières semaines n’étaient pas vraiment top (d’un autre cote, je ne sais pas si je suis vraiment un grand bavard…a vous qui me connaissez de répondre). Vous et ce voyage avez été ma bouffée d’oxygène. Votre naturel et votre esprit positif mêlé à la nature traversée pendant ce séjour m’ont appris tant de choses. Je m’y retrouve dans tant d’aspect. Encore merci. J’espère pouvoir vous le rendre un jour
.
Le bus pour Belgrade était un peu pourri, je dois dire. Sur mon siège le bouton pour la clim’ était raide et cela soufflait à faire s’envoler une collection d’enclumes (bon, la j’ai peut-être mis un peu trop d’emphase, mais l’idée est la
). Les dossiers ne se rabattaient pas et le chauffeur faisait un peu trop de zig-zag à mon goût…A la frontière serbe, j’ai eu le droit à un contrôle un peu plus serré de mon passeport. Était-ce parce que je suis sorti par le Kosovo et donc sans stampel? Il faut dire que je devais repasser par la Macédoine pour rentrer ensuite en Serbie. Passer par la Serbie n’est paraît-il pas possible. En effet, les Serbes considèrent que la frontière entre le Kosovo et la Macédoine est leur. Mais comme ils n’ont aucun contrôle possible (puisque gérée par la MINUK et la police kosovar), ils considèrent qu’une entrée par le Kosovo est une entrée illégale, et vous ne pouvez donc pas rentrer ensuite en Serbie. Voilà pourquoi il faut passer par la Serbie pour retourner au Kosovo si, plus tard, vous voulez retourner en Serbie…pas compliqué, hein?!
Je suis arrivé à 5:30 à Belgrade. La vue sur la campagne serbe le matin est splendide. Un fin brouillard flotte au-dessus du sol et, avec l’aurore qui pointe, les premiers rayons de soleil filtre. Ce sont des couleurs orange jaune rose pâle qui apparaissent; une splendeur. Mais j’admets qu’il me fût dur de garder les yeux ouverts. 9:30 de voyage assis, ça vous rétame…
Une douche et puis départ pour le boulot, mais sans problème et bien au contraire, la tête pleine de merveilleux souvenirs…
Au prochain voyage…
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