samedi 10 mars 2007

Rafting au Montenegro, 26 au 28 août 06

Et voilà, cela faisait un moment que nous en parlions: allez faire du rafting au Montenegro!

Départ avec Tina (après la Roumanie, nous sommes parés à tout ;) ) pour le Montenegro où nous allons rencontrer Séverine, Michael et Jérôme qui nous rejoindrons dans le petit village de Berane à environ une heure de la frontière serbe. Nous y dormirons avant de nous diriger vers notre destination principale: Zabljak, dans les montagnes.
Le bus a bien sûr mis des plombes pour arriver...avec deux heures de retard environ...heureusement, il y avait de la musique traditionnelle dans le bus histoire de faire passer le temps, n'est-ce pas Tina :) ?

Le trajet le plus beau fut bien sûr l'aller à Zablak. A travers vallées et montagnes, nous nous enfonçons dans les forêts noires.
Quel plaisir de retrouver mes amis du Kosovo et de faire ce voyage avec eux!

Nous nous arrêtons dans une halte improvisée pour admirer un petit monastère de nonnes orthodoxes. Caché en contrebas de la route, il est entouré de montagnes. La nonne veut bien laisser rentrer Tina, Séverine et Jérôme dans la chapelle. Michael et moi devons rester dehors, le port du short n'est pas bien vu dans ces lieux saints.
La nonne répondra bien à quelques questions, mais lorsque Tina demandera combien de nonnes habitent dans le couvent, la religieuse répondra:"cela n'a pas d'importance...", avec un petit sourire. Nous comprenons; il y a certaines questions à ne pas poser, c'est comme si l'on pouvait encore sentir la crainte d'afficher son lien à telle ou telle confession, dénotant de l'appartenance à une ethnie particulière.

Nous reprenons notre route et longeons la rivière Tara, le canyon se creuse de plue en plus. Puis, le chemin se met à monter et nous entrons dans une couche de brouillard pour atteindre un plateau. Que de paysages différents!

Zabljak est une petite station de ski, un petit village très tranquille. Nous y avons loué un petit appartement très bien tenu. Quel bonheur!

Il ne fait pourtant pas chaud bien que nous soyons en été et nous ne sommes pas mécontent d'avoir pris quelques vêtements supplémentaires.

Le soir, nous trouvons un petit bar où nous buvons l'apéro puis partons pour un petit resto manger de la "polenta" au kajmak. Miam miam! En rentrant nous ne pouvons résister à aller encore prendre un verre dans notre chouette petit bar. Mais nous ne faisons pas long car demain c'est rafting!!

Le lendemain, nous partons pour le rafting. Au bord de la rivière, nous recevons des gilets de sauvetages qui semblent sortir tout droit d'une poissonnerie, puis ils auraient été abandonnés et laissés au soleil pendant quelques heures...ceci afin de s'assurer l'odeur la pire possible! Pouark, ils sentaient tellement mauvais!
En fait, le rafting fut un peu décevant car le courant n'était pas très fort...plus lent, c'était pas possible, plus lent et la rivière aurait commencé à reculer...
Mais traverser ces gorges fut somptueux, les parois sont abruptes et l'eau cristalline (et horriblement froide!).

De retour à Zablak, Tina doit prendre son bus pour rentrer sur Belgrade. Mais problème (et là, fallait-il vraiment en être étonné??). L'horaire de bus donné n'est pas valable le dimanche...alors que la compagnie avait juré le contraire au téléphone...Pas d'autres solutions que de prendre le bus demain avec moi pour retourner sur Belgrade. C'est cool, Tina reste avec nous un jour de plus! D'ailleurs à tout malheur, quelque chose est bon: car le lendemain, nous avons prévu d'aller faire une marche.
La marche est un concept qui échappe à Michael et Jérôme: quelles est cette obession des Suisses de vouloir absolument grimper en haut des montagnes??!! Franchement, je ne sais pas...mais s'il y a une montagne, l'envie est grande que d'aller voir ce qu'il y a en haut, sur l'autre versant.

Lundi matin, levé aux aurores. Entre la marche et les horaires de bus, notre timing est super serré pour pouvoir prendre le car qui nous ramènera vers Belgrade. Mais là, en me levant et voyant la pluie, j'ai quand même un moment d'hésitation. Depuis la Roumanie, j'en ai un peu marre de me retrouver trempé sans arrêt. Un retour sur la Serbie, fringues et chaussures mouillées ne m'enchante guère. Mais bon. Finalement, je ne peux pas résister, ce n'est qu'un peu d'eau (il va sans dire qu'une heure à peine après être parti, mes chaussures étaient trempées. Nous pas qu'il pleuvait tant mais le sol et l'herbe était tellement mouillé que mes baskets faisaient office d'éponges).
Nous avons prévu une marche de 6 heures. A l'office du tourisme, la dame nous demande si nous sommes de bons marcheurs: bien sûr! :)

Nous commençons donc par nous tromper de route...mais une fois sur le bon chemin, pas compliqué: c'est droit haut.
Je dois avouer que nous étions heureux d'avoir acheté un plan pour nous orienter. Une idée d'autant plus lumineuse au regard des événements à suivre.

La nature environnante est incroyable. La terre est sombre, les arbres ont des teints verts foncés. L'herbe et la nature est gorgée d'humidité. Et nous grimpons. De plus en plus haut. Notre but est de faire le tour de la montagne et de revenir sur Zabljak...en 6 heures...mais trois Suisses en montagnes, c'est trois Suisses heureux, non ?! ;)

Il y a de moins en moins de verdure et celle-ci est remplacé par des caillous. Nous arrivons à un petit glacier et le brouillard se fait de plus en plus dense. Il est déjà midi. Le col ne nous semble pas loin mais nous n'en sommes pas sûr et estimons la route. Une sorte de caisson rouge est posé sur un rocher et surplombe le petit glacier. Bien que glauque, nous décidons de nous y arrêter pour manger le pic-nic préparé la veille. A l'intérieur: changement total. Nous avons l'impression d'être dans un tout petit chalet! 2 lits sueprposés, une petite table, un réchaud à bois et deux bougies pour illuminer la pièce. C'est absolument génial!
Mais nous ne pouvons pas rester: le col n'est pas passé et nous ne savons pas combien de temps de marche il nous reste. Nous repartons, non sans avoir laissé un petit mot dans le livre d'or. Jettez-y un oeil si un jour vous allez du côté de Zabljak :)

Nous reprenons la marche est c'est là qu'un doute surgit. Le trajet est bien balisé mais soudain je ne vois plus les cercles peints en rouge qui tracent la route. Le brouillard se fait de plus en plus dense et nous n'y voyons plus à 20 mètres devant nous. J'avertis Séverine que nous devrions retrouver les balises avant de continuer. Tina reste comme repère :) sur un rocher et nous tournons autour d'elle, cherchant les balises. Nous sortons la carte et estimons notre position. Malheureusement, nous n'avions pas de boussole mais c'est sans compter sur notre sens pratique :)
Finalement nous retrouvons les marques qui nous indiquent de monter droit haut..dans la caillasse...alors là cela devient sportif: seul Séverine est equipée de bonnes chaussures de marches. Tina et moi faisons la route avec des baskets...nous ne pensions pas faire une telle marche. L'herbe est glissante, la pierre n'aide pas à prendre appui...surtout rester concentrer sur ses pas.
Le sommet atteint, après avoir louvoyé pour trouver un chemin digne de ce nom, nous le retrouvons qui serpente en contrebas. Bien! A partir de là, il nous suffira de descendre et de viser Zabljak. Nous rencontrer des bergers qui nous proposent du fromage. Nous ne pouvons hélas pas rester faire la conversation, le temps court et Tina et moi avons un bus à attraper. La descente est splendide malgré les contraintes de temps.
Arrivé à Zablak, nous avons le temps de prendre une douche en 3 minutes chrono, faire nos affaires et de partir vers la station de bus. Nous saluons nos amis et sautons dans le bus. 2 minutes plus tard, le voilà qui se met se met en marche; nous voilà reparti vers la Serbie.
Nous n'avons pas pu raconter nos aventures à Michael et Jérôme. Séverine s'en chargera.
Quel timing! Ce départ fut sur les chapeaux de roue mais quelle marche fantastique!
Ce fut un week-end absolument génial!!
Notre retour sur Belgrade se fera sans encombre...ce qui nous changera de nos passages de frontières mouvementés; et qui n'est pas désagréable lorsque l'on a 9 heures de bus à faire.

Le Montenegro est une région splendide est verdoyante. Ses forêts sont magnifiques et j'espère pouvoir un jour découvrir ses bords de mers qui sont, paraît-il, spectaculaires. Une prochaine fois.

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